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Comparatifs

Peut-on fact-checker avec ChatGPT ?

45 % des réponses d'assistants sur l'actualité contiennent au moins un problème significatif. Voici ce qu'ils font bien, ce qu'il ne faut pas leur demander, et comment contrôler ce qu'ils avancent.

Par Jonathan Lopis. Mis à jour le 8 septembre 2026. Environ 8 minutes de lecture.

Oui pour préparer une vérification, non pour la trancher. Un assistant conversationnel est un bon outil pour reformuler une affirmation en question vérifiable, trouver le vocabulaire d'un domaine ou résumer un document que vous lui fournissez. Il n'est pas fiable pour vous dire si quelque chose est vrai, et la mesure existe.

En octobre 2025, l'Union européenne de radio-télévision et la BBC ont publié la plus large étude jamais menée sur le sujet : 22 médias de service public de 18 pays ont analysé plus de 3 000 réponses d'assistants sur des questions d'actualité, dans 14 langues. Le résultat est sans ambiguïté.

Ce que mesure l'étude

ConstatPart des réponses
Au moins un problème significatif45 %
Problème sérieux de sourçage : source absente, inventée, ou qui ne dit pas ce qu'on lui fait dire31 %
Un défaut d'un type ou d'un autre, en comptant les plus mineurs81 %

Les quatre assistants les plus utilisés étaient testés. Les écarts entre eux existent, notamment sur le sourçage, mais aucun n'échappe au constat général, et il se répète à l'identique d'une langue à l'autre et d'un pays à l'autre. Ce n'est pas un défaut de réglage, c'est une propriété de l'outil.

Pourquoi un assistant se trompe sans le savoir

Un modèle de langage est entraîné à produire une suite de mots plausible, pas à produire une suite de mots vraie. Les deux coïncident souvent, ce qui rend le problème difficile à voir : quand la réponse est fausse, elle a exactement la même allure que quand elle est juste. Même ton assuré, même structure, même apparence de rigueur.

Trois défauts en découlent, et ils reviennent tous dans l'étude :

  • La source inventée ou mal attribuée.Le modèle produit une référence qui a la forme d'une source, parce que c'est ce que la question appelle. Elle peut ne pas exister, ou exister et dire autre chose.
  • L'information périmée présentée au présent.Un chiffre exact il y a trois ans reste un chiffre faux aujourd'hui, mais rien dans la formulation ne le signale.
  • L'absence de hiérarchie entre les sources.Quand l'assistant cherche sur le web, il traite le communiqué d'une institution et le billet d'un blog anonyme comme deux résultats de même nature. La pondération, si elle existe, n'est ni publiée ni conçue pour cet usage.

Ce qu'un assistant fait bien quand on veut vérifier

Il serait absurde de s'en priver. Utilisé au bon endroit de la chaîne, il fait gagner du temps :

  • Transformer une rumeur en question vérifiable.« Le chômage explose » devient « quel est le taux de chômage publié par l'INSEE au dernier trimestre, et quelle est son évolution sur un an ». C'est déjà la moitié du travail.
  • Identifier qui détient la réponse. Quelle institution publie cette statistique, quel registre fait foi, quel organisme certifie. Vous irez chercher le document vous-même.
  • Résumer un document que vous lui donnez.Le risque d'invention chute nettement quand la source est fournie plutôt que cherchée, parce que le texte est sous ses yeux.
  • Repérer ce qui mérite vérification dans un long texte.Demandez-lui la liste des affirmations factuelles, sans verdict. C'est une tâche de lecture, pas de jugement, et il s'en sort bien.

Ce qu'il ne faut pas lui demander

  • Un verdict.« Est-ce vrai ? » appelle une réponse tranchée, et il en produira une quoi qu'il ait trouvé.
  • Une liste de sources que vous n'ouvrirez pas.Une source non ouverte n'est pas une source, c'est une mise en forme rassurante. C'est précisément le défaut mesuré sur près d'un tiers des réponses.
  • Un fait très récent. Les heures qui suivent un événement sont le pire moment pour interroger un assistant : les informations disponibles sont contradictoires et il les synthétisera quand même.
  • Un chiffre précis de mémoire.Sans consultation d'une source à jour, un nombre produit par un modèle est une estimation présentée comme une donnée.

Cinq règles pour s'en servir sans se faire avoir

  1. Demandez des sources, jamais un verdict. La formulation « donne-moi les sources qui permettent de vérifier cette affirmation, sans conclure » change la nature de la réponse.
  2. Ouvrez chaque lien.Vérifiez trois choses : le lien fonctionne, la date est cohérente, et le document dit bien ce qu'on lui fait dire. C'est là que tombe la majorité des erreurs.
  3. Fournissez la source plutôt que de la faire chercher. Collez le document et posez votre question dessus.
  4. Reposez la question autrement.Si deux formulations donnent deux réponses différentes, aucune des deux n'est solide.
  5. Traitez toute absence de source comme un refus de répondre.Ce n'est pas une réponse faible, ce n'est pas une réponse.

Pourquoi un outil dédié répond différemment

La différence n'est pas la puissance du modèle, c'est ce qu'on lui laisse décider.

Dans un assistant généraliste, le modèle cherche, lit, juge et conclut. Les quatre étapes sont dans la même boîte, et rien ne permet de savoir laquelle a échoué quand la réponse est fausse.

Nous avons construit Checkwise pour séparer ces étapes. Le modèle repère les affirmations vérifiables et lit chaque source pour dire si elle confirme, contredit ou nuance. Le verdict, lui, est un calcul : il agrège les verdicts source par source, en pondérant chacune par une note de fiabilité établie avant la vérification. Cette note va de A à D, repose sur quatre piliers, et sa méthode est publiée. Chaque site noté a une page publique où la note peut être contestée.

La conséquence pratique : quand un verdict vous paraît faux, vous pouvez regarder quelles sources ont pesé et pourquoi, au lieu de discuter avec une conclusion. Cela ne rend pas nos réponses infaillibles, cela les rend inspectables, et c'est très exactement ce qui manque aux 31 % de réponses mal sourcées de l'étude.

Si vous voulez voir la différence sur une affirmation qui vous intéresse, l'essai est gratuit depuis la page d'accueil, et notre guide en cinq étapes explique la méthode à appliquer même sans outil.